l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a récemment publié un rapport intitulé «Climate for a transport change». Ce rapport est issu du mécanisme de rapport “Transports et environnement” (TERM en anglais), outil spécifique basé sur des indicateurs et visant à déterminer les relations entre le secteur des transports et l’environnement.
Plusieurs aspects du secteur des transports sont abordés dans le rapport. Sont notamment cités : le transport aérien qui croît plus vite que la moyenne de l’ensemble des transports de passager. Le transport de fret qui augmente plus vite que l’économie et pour lequel on préconise une meilleure internalisation des coûts externes. Les gaz à effets de serre en augmentation malgré les améliorations technologiques réalisées ces dernières années en terme d’efficacité énergétique et, sur les carburants non fossiles. La santé dans les villes européennes toujours menacée par les émissions de polluants des véhicules sur route, là aussi malgré le renforcement significatif des normes. Et le manque de certitude quant à la capacité des biocarburants de première génération à réduire les émissions de gaz à effets de serre.
Il est a noté que le transport sur l’eau est le mode de transport cité comme étant le moins polluant. Le transport par rail quant à lui émet moins de gaz à effet de serre que le transport sur route, pourtant on apprend que la quantité de passager et de fret a diminué de respectivement 5,8% et 10%.
Parallèlement, le rapport fait également état d’une augmentation de l’utilisation de la voiture associée à une diminution du nombre de passager par voiture. Ce qui annule l’effet des améliorations technologiques réalisées récemment sur les automobiles. A savoir que « environ 12 % des émissions de CO2 dans l’UE proviennent de carburant consommé par des voitures particulières »
Outre le fait de souligner l’importance du vélo et de la marche à pied en tant qu’alternative à la voiture pour les petits trajets, d’autres focus sont faits sur l’occupation des sols et la planification des transports urbains européens, ainsi que sur la nécessité de comparer les modes de transport. Plus particulièrement, une comparaison des taux d’occupation des modes de transport peut s’avérer très intéressant. Cela rejoint le problème soulevé dans cette récente interview du responsable du Mastère Spécialisé en Mobilité Urbaine de l’Eigsi, Monsieur Boussier, et qui souligne que « parfois 4 voitures remplies de passagers valent mieux qu’un bus. Cela peut paraître étonnant mais les bus, qui pèsent en moyenne 18 tonnes, s’arrêtent et redémarrent sans cesse au cours d’une journée et sont alors extrêmement consommateurs en carburant (environ 40 litres pour 100 kms). Et l’on voit parfois, dans des petites agglomérations, des bus circuler avec 2 ou 3 personnes seulement à l’intérieur ».
En conclusion, le rapport suggère de fixer des objectifs qui, certes, pourront être considérés comme un réel défi, mais qui demeureront toutefois réalistes. Encourageant ainsi les acteurs du secteur des transports et les décideurs politiques à mettre en place les mesures et les outils nécessaires, et facilitant le suivi des évolutions de la performance environnementale du secteur. Le rapport insiste enfin sur le fait que les mesures prises devront permettre de répondre à la demande existante en terme de transport.
Source :
le rapport de l’EEA : http://reports.eea.europa.eu/eea_report_2008_1/en/EEA_report_1_2008_TERM.PDF
Article du blog DeDuXion : « Un Mastère spécialisé en mobilité urbaine et durable »
http://www.actu-environnement.com/ae/news/emission_transport_aee__4638.php4
Un Commentaire, Commentaire ou Rétrolien
Capucine
“d’autres focus sont faits sur l’occupation des sols et la planification des transports urbains européen”
Je pense que le problème des transports est directement lié à l’occupation des sols, qui devrait être du coup, une péoccupation majeure.
C’est bien l’aménagement d’une ville qui implique ou non des déplacements en véhicules.
Si les logements, les commerces et les entreprises étaient davantage réunis géographiquement, les gens auraient moins besoin de prendre leur voiture. Et lorsqu’on voit dans le rapport qu’ “environ 12 % des émissions de CO2 dans l’UE proviennent de carburant consommé par des voitures particulières”, il y a du boulot !
Je pense notamment au fait que la majorité des gens vont faire leurs courses dans les supermarchés dans les zones commerciales périphériques aux villes.
Nos modes de vie doivent être remis en cause….à chacun de se demander “est-ce que je suis obligé de prendre ma voiture pour aller à cet endroit ?”, ou “est-ce que je peux aller ailleurs ? plus près même si plus cher ?”.
A quand les tramways dans des petites villes comme La Rochelle ?
13 mar, 2008
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