Interview de Laurent Zibaut, gérant de la société Innovert.

INNOVERT est une entreprise dont la vocation est d’amener au client final du confort chauffage ou eau chaude sanitaire dans les meilleures conditions économiques tant à  l’achat qu’en coà»t d’exploitation. Innovert développe donc des solutions techniques appuyées sur l’exploitation des énergies renouvelables (les calories de l’air) avec des circulations d’eau à  très basse température.

Considérez-vous votre entreprise comme une éco-entreprise ? Et pourquoi ?

Laurent Zibaut (LZ) : Non. Innovert consomme beaucoup trop d’énergie en transport pour le moment, n’a pas encore de démarche de recyclage car nous n’avons pas eu le temps en un an de nous occuper de cet aspect organisationnel mais nous sommes convaincus qu’il y a de la compétitivité et de l’avantage concurrentiel à  trouver et donc à  mettre en place dans les deux à  trois ans.

Quel est votre avis par rapport au concept théorique du développement durable (Economie / Social / Environnement) ?

(LZ) : Innovert pense que la notion même de développement durable est un leurre et ne fait que conforter le public dans une fausse piste. L’idée n’est plus de se développer mais de définir comment nous pouvons à  faire pour nos enfants au moins aussi bien que ce que nous avons connu mais avec beaucoup moins de richesses.

La croissance démographique, la durée de vie de l’espèce humaine et la raréfaction des ressources<naturelles ne nous laissent pas le choix.

Pourquoi vous êtes-vous lancés sur le marché des pompes à  chaleur ?

(LZ) : Innovert s’est lancé sur ce marché car à  l’époque c’était le seul moyen de réaliser des bilans énergétiques excellents sans ruiner les gens. L’avenir cependant sera ouvert à  de nouveaux générateurs sans fluide frigorigène nocif pour notre planète et avec des émetteurs de chaleur très peu « gourmands » en énergie.

Est-ce un marché très concurrentiel ? Qu’est ce qui vous différentie de vos concurrents?

(LZ) : C’est un marché qui est devenu en quelques années extrêmement concurrentiel car les industriels des énergies fossiles (chaudiéristes ou chauffage électrique) se réveillent après avoir fait longtemps les autruches et cherchent à  regagner les parts de marché qu’ils ont laissé filé aux pionniers de l’énergie renouvelable.

Une grande partie des acteurs viennent d’Asie ce qui donnent une idée de la compétitivité à  avoir en terme de prix pour la vieille Europe.

En tant que petite structure, vous semble t-il difficile de mettre en place, en interne, une politique de développement durable ? (pour des raisons de temps, de moyens…)

(LZ) : Difficile non. C’est une question de temps et de conviction que cela implique de battre en brèche ce concept (voir plus haut) .Il faut se mettre au régime, pour longtemps et la réelle difficulté est là .

Vos clients sont des particuliers qui recherchent une solution de chauffage. Pourquoi vos produits sont susceptibles de les intéresser ? Est-ce une question d’économie ou de respect de l’environnement ?

(LZ) : Non c’est le porte monnaie qui commande pas l’environnement. Supprimer les crédits d’impôts et le marché se divise par deux. Les gens n’ont pas conscience des réels enjeux climatiques. Il y a quelques années, le client final nous disait qu’on n’avait pas découvert tous les champs pétroliers et que cela rebaisserait, puis il nous dit quelques années plus tard qu’il y a toujours eu des périodes chaudes et froides sur terre. Aujourd’hui il est acquis à  l’idée du réchauffement mais il n’a pas encore loin s’en faut pris conscience de la nécessité de changer de comportement.

 

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Vous rencontrez de nombreux particuliers avec qui vous passez du temps afin de répondre au mieux à  leur besoin. Constatez-vous, chez eux, une réelle sensibilisation concernant les enjeux environnementaux ?

(LZ) : Non.

Vos arguments commerciaux sont-ils basés sur le respect de l’environnement ?

(LZ) : Non en majorité car ce sont des arguments fallacieux.

Qu’en est-il de vos concurrents ? Jouent-ils la carte de l’environnement ou de l’économie d’argent ?

(LZ) : De l’environnement pour vendre une bonne conscience « facile » mais tout le monde prétend avoir de meilleurs bilans que le voisin.

La compétition est là  mais pas sur le réel respect à  avoir sur sa consommation.

Il serait bien plus judicieux que l’état au lieu de verser un crédit d’impôt verse en fin de chaque année une somme en fonction de l’énergie consommée. A l’arrivée, les sommes seraient identiques mais le comportement serait sans doute modifié.

Envisagez-vous de mettre en place une politique de développement durable en interne ? Si oui, quelles seraient les motivations principales?

(LZ) : De développement durable non pour les raisons évoquées plus haut. De respect de l’environnement oui pour des raisons citoyennes et parce que je suis convaincu que ce sont les comportements symboliques et de vigilance qui sont à  la portée de chacun.

Constatez-vous chez les constructeurs de maisons neuves une réelle volonté de construire dans une logique d’accessibilité et de respect de l’environnement?

(LZ) : Non, ils ne vendraient plus leurs maisons ! Aujourd’hui, ils s’organisent dans une compétition pour continuer à  faire tourner la machine économique comme hier.

Qu’est ce qui fait selon vous évoluer le plus rapidement le marché actuellement : la mise en place de nouvelles normes ou la volonté des acteurs du bà¢timent ?

(LZ) : Sans aucun doute, la mise en place de nouvelles normes. C’est par la contrainte que le changement s’opère pas par les motivations écologiques.

Seriez-vous prêts aujourd’hui à  réfléchir en commun avec vos concurrents pour développer votre marché ?

(LZ) : OUI car toutes les bonnes initiatives sont d’actualité mais ne rêvons pas trop.

Pour conclure, le développement durable en 3 mots ?

(LZ) : Un leurre, une autruche, un permis de détruire.

Cet article a été posté le jeudi, 20 mars, 2008 à 18:41.
Catégories: Energie, Interviews.

Un Commentaire, Commentaire ou Rétrolien

  1. Xavier

    Je ne peux qu’adhérer à  ce discours… malheureusement.

    En ce qui concerne la sensibilité de nos clients, disons que certains nous expliquent qu’ils veulent faire un effort pour la planète, mais au final c’est uniquement l’économie des factures de chauffage ou le confort qui importe.

    La solution pourrait être ultra nocive pour la planète, si les consos étaient bonnes, on vendrait de la même façon!

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